SAMYA MERZOUG

Kinésiologue en Touch For Health

DJ Sweet Mama

UrbainMood : Bonjour Samya, peux-tu te présenter ?

 

Samya Merzoug : Aux platines je suis DJ Sweet Mama, à mon cabinet Mme MERZOUG ou Samya.
J’ai 37 ans et je suis originaire de La Loupe (Eure & Loire)

UrbainMood : Quelle est ton activité professionnelle ?

Samya Merzoug : Après avoir longtemps cherché ma place en tant qu'unité de production rentable en occupant plusieurs postes, je me suis rendue compte au bout d'un moment qu’il était temps de m’épanouir. Mon expérience, ma curiosité et mes oreilles étaient des atouts pour bosser dans l'humain.
Puisque c’est ce que je sais faire de mieux, j'ai donc choisi d'être au service des sens dans notre cher monde qui part en « couilles ».
Je suis praticienne en kinésiologie depuis 2 ans. En cabinet pluridisciplinaire rue Kléber à Nantes.

Autoportrait de Gilles GUYON

UrbainMood : Kinésiologie, qu’est-ce que c’est ??

Samya Merzoug :  C'est une pratique de soin métisse née aux Etats-Unis dans les années 70 de la rencontre entre la médecine orientale et occidentale. Mes outils en séance sont l'écoute, la reformulation, le test musculaire et les points d'acupressure.

 

Je suis partie du constat suivant : nous avons hérité et nourrissons un système complexe qui permet de trouver réconfort avec du matériel et des stéréotypes.
C'est un fonctionnement structuré & optimisé qui pompe ses ressources dans le commun.
L'humain trouve sa beauté dans sa complexité. Son équilibre est quelque part dans ses contradictions. Il n'y a pas d'étiquetage possible, il est naturellement poussé vers ce qui lui fait du bien grâce à ses sens et son cadre de référence (éducation, rencontres, expériences etc.).
Même s’il y a de la bonne volonté en chacun, vivre au sein de ce système peut créer des conflits intérieurs et douleurs physiques ou un manque d'aisance pour communiquer.
Je suis donc là pour soulager la personne de ses inconforts pour qu’elle trouve son propre équilibre, comme elle le sent et le désir avec ses propres ressources. C'est une baguette magique.


Cela ne fera pas la paix dans le monde, cela dit c'est toujours bien d'avoir des bons appuis pour cueillir les fruits issus de nos actes et de notre société.
Et surtout pour continuer à planter des graines positives !

UrbainMood : Comment en es-tu arrivée là ?

Samya Merzoug : J'en suis arrivée là à la suite de mon expérience en tant que médiatrice interculturelle dans le quartier Malakoff.  Au sein d’un lieu de convivialité, j'accueillais des personnes vivant de lourdes difficultés, pour les écouter et les orienter.

Au début je me sentais utile, puis je me suis fatiguée car trop peu préparée à travailler dans l'humain, c'était compliqué de pouvoir contenter tout le monde (employeurs, public et institution) avec si peu de moyens. J'ai donc fait à ma sauce. Puis j'ai décidé d'arrêter.

 

Juste avant d'être au chômage, je suis devenue maman d'une petite fille, la grossesse était particulièrement agitée car on lui a découvert une malformation à la main. 

On nous a assuré que ce ne serait pas un handicap physique mais bien social à cause de cette particularité.

On l'a désiré comme ce n’est pas permis et je nous ai promis de tout mettre en œuvre pour qu'elle soit et qu'elle vive absolument tout ce qu'elle désire. 

J'ai toujours de belles idées qui m'aimantent, mais à ce moment-là cependant, j'étais sérieusement sur les rotules à cause de mon taf. 

Comme les enfants miment les parents, j'ai donc choisi de prendre soin de moi d'abord.

C'est ainsi que j'ai découvert ma pratique. 4 séances dans l’année et j'étais remontée comme un coucou ! 

Être au service des autres, chaque rencontre me nourrit. 
Je me suis formée auprès d'une geek de la pratique (la meilleure disons-le !). Après avoir pratiqué sans relâche, je me suis lancée à mon compte.

Ma formatrice a eu la bonne idée de nous emmener en Californie pour se faire certifier auprès du fils du concepteur de la pratique. Comme ça, sans détours.
 
Le plus dur pour moi a été d'accepter les règles de ce monde dans lequel on vit aujourd'hui, tout en suivant mon intuition pour participer à le faire évoluer. On va vers l’individualisme, ok.

D’un côté c’est chouette pour prendre soin de soi, d’un autre côté, c’est nouveau, cela inhibe et fait perdre certains repères pour en avoir de nouveaux. Ce qui peut déclencher méfiance, solitude et d’autres saloperies à vivre.
Pas facile, et pourtant le jeu en vaut la chandelle. L’équilibre existe heureusement pour ceux qui ont le désir de le trouver.
 J'ai toute ma vie, des personnes qui m'aiment inconditionnellement et la méthode qui me convient pour y parvenir et aider ceux qui le veulent.

Urbain Mood : Mais alors qui est Sweet Mama ?

Samya Merzoug :  Depuis 11 ans, j'ai une autre activité, je suis Selecta, chance ! 
Ça m'est tombée dessus à la suite d’une histoire d'amour. 
Je collectionne des pépites de vinyles pour les partager, sourire et faire danser avec des anciens ou futurs classiques. Je ne peux m’en passer.
J'ai besoin de rencontrer les gens, de contempler leur danse, leur kiff sur le dancefloor et danser moi aussi.
Après, il y a le deuxième effet quand on se rend compte que Sweet Mama est aussi quelqu'un de réservée et/ou caractérielle... 
 
Depuis que je suis praticienne, j'aime à penser que j'écoute l'autre dans mon cabinet et qu'on écoute mes émotions à travers mes disques.
Avant le confinement, je m'éclatais à jouer aux Brassés où j'avais ma résidence le dimanche dans un super lieu. Il y'en a pour tous les sens puisque tu peux y déguster un brunch en m’écoutant.

En prime j'invitais des Dj... J’espère pouvoir y retourner.

 

 

Urbain Mood : Depuis quand es-tu à Nantes ?

Samya Merzoug : J'ai le sang algérien (1.2.3…) et je suis née à Chartres, En 2003 je suis partie de mon Chartres natale et suis arrivée à Nantes pour rejoindre une personne chère à mes yeux.

Urbain Mood :  Que penses-tu de la ville de Nantes, de ton quartier actuel ?

Samya Merzoug : Nantes, je ne pense pas cette ville mais y vis et la vois évoluer. J'ai habité le Centre-ville, Chantenay, Tortière, Beaulieu (même Clisson).

Le quartier Malakoff a été témoin de la naissance d’amitiés simples et solides. J’ai une drôle de relation à ce quartier, si je n'y habite pas, j'y travaille.

Aujourd'hui dans ce quartier on y récolte les fruits de la réhabilitation du quartier. C'est beau, il y a une bonne intention derrière une telle démarche, en prime ça fait moins peur pour les personnes de l'extérieur.

La réalité est qu'il n'y a pas eu de préparation des habitants à la mesure de cet énorme chantier dans lequel certains enfants ont pu naître.

Personnellement à l'époque, les travaux m'ont fait péter un plomb mais heureusement j'avais mes copines !

Imaginez ce que c’est que de grandir à Malakoff pendant cette décennie où l'hiver c'était la boue, l'été la poussière, et en prime des habitants qui s'y perdaient et s'isolaient.

Je ne dis pas que c'est facile de mener à bien un chantier de cette ampleur. Bon...je me dis juste que lorsqu'on a les moyens de prendre des décisions qui ont cet impact, qu'est-ce que ça coûte d'ajouter 12 ou 24 mois au calendrier pour réfléchir à l'impact social ?

Et je ne parle pas des enfants du quartier qui n'ont pas pu fréquenter la salle de sport cette année à la suite d'un simple oubli : les établissements du quartier sont prioritaires pour aller dans leur gymnase...

Cet isolement coûte cher à la vie des habitants, un accélérateur, c’est violent. Violent comme ce que j’ai vécu hier.

Je me suis retrouvée sur mon parking en face à face avec une voiture de flics en course-poursuite derrière un scooter, pas de gyrophare ni sirènes, normal ! Peu après, je vais au carrefour sur le mail Picasso, je tombe sur le gérant effondré parce que la police n’a pas voulu venir à la suite du signalement d’un gros vol. (OUI Je parle bien de ces gens à la caisse de nos magasins qu’on applaudit en plus des soignants à 20h.)

Trouver des coupables c'est facile ! Un peu trop... Je préfère comprendre les raisons et proposer des solutions à mon niveau. Parfois cela met du temps et cela demande observation et écoute.

UrbainMood : Pour toi comment se porte le milieu culturel Nantais ?

Samya Merzoug : L'autre pan de ma vie nantaise : la Culture (Celle que je connais du moins). Les personnes sont belles et passionnées. Elles font ce qu’elles peuvent, cultivent le beau et le clinquant en essayant d’être au plus juste possible à en oublier le moche et les locaux malheureusement… (Ceux qui y pensent ne sont pas toujours bien vus ou font tout simplement peur). Si tu ne te mets pas au diapason, on te zappe juste parce que le temps il n'y en a plus pour tomber d’accord. Les dents poussent par peur de ne rien avoir dans l’assiette.

« Le vivant est un être ou un spectacle ? Je ne sais plus ».   

Petite anecdote…Un jour, on m’a demandé de changer ma biographie d’artiste pour être assortie au lieu qui m'accueillait, j’ai posé une ou deux questions puis je me suis dit que j’en parlerai aux concernés quand ce serait possible (ceux qui décident vraiment). Ce service de communication ne s’en est peut-être pas rendu compte, ils défendaient leur ligne éditoriale ou leur liberté d’expression.

J’ai partagé cette expérience avec des potes, dans le fond on était d’accord ! Ils ont fait les « suisses ». C’est un choix qui se respecte. Je ne suis pas sociologue mais toute ma vie, au fil de mes rencontres j'essaie de prendre en compte l’individu et son environnement.

Les « décideurs » ont les épaules surchargées, sont à cran tant il y a de pression.  Les autres montent directement au créneau quand ils ne sont pas d’accord. De ce fait, il n’y a pas l’opportunité d’avoir de discussion calme, constructive et sans ego en prenant en compte chaque individualité pour qu’il soit contenté.

Ça compte les points, les belles pensées, les punchlines, la critique est là en permanence. J’ai fait partie de ce monde-là, j’y été tantôt le bourreau tantôt la victime. Là-bas Il y a de la solidarité quand ça ne va pas, mais pas pour aller mieux. Il faut s’y tenir à carreau pour que celui qui décide puisse réfléchir seul et au calme. Personne ne va l’aider parce qu’on ne sait plus comment faire et lui a trop de fierté pour appeler à l’aide. Tout le monde est sur les rotules car ce système tel qu’on l’utilise met de côté l'aspect humain pour être compétitif au max... (je n'invente pas l'eau chaude en l'écrivant.)

Il y a des méthodes de ouf mais le désir est ailleurs pour le moment.

 

UrbainMood : Quelles sont tes craintes pour milieu culturel Nantais ?

Samya Merzoug : Il y a des méthodes de ouf mais le désir est ailleurs.

Pour info, aujourd'hui J’accompagne pour le plaisir de le faire et parce que c’est ce que je sais faire de mieux. C'est ce qui fait que je ne lâche rien.

Cela m'inquiète qu'on ne suive plus les artistes, qu’on ne

tente plus de comprendre les racines de leurs œuvres en prétextant qu’ils sont égocentriques. Comme à la chasse, on les cible pour les consommer. Ça crée un climat de compétition, de gênes là où encore la cohésion serait  la source de miracles.

J’ai fait la rencontre de forces de la nature ! BIG UP ! Ils font naître l’espoir. Je le rappelle, je ne suis une spécialiste de rien...

Ce sont mes observations derrière mes lunettes clinquantes lors de situations bel et bien vécues. Les personnes que je vois en cabinet m'apportent aussi leur point de vue, c'est ce qui me permet d'avoir ce regard.

Je fais tout pour faire grandir le bien, réellement. Cela demande d'avoir forcément de la lucidité et de comprendre les mécanismes.

Bon...et le COVID est arrivé, la suite ? on verra mais je ne compte pas enfiler des perles.

Aujourd'hui j'accompagne pour vivre le plaisir de le faire et parce que c'est ce que je sais faire de mieux. C'est ce qui fait que je ne lâche rien.

UrbainMood : Sinon que représente Nantes pour toi ?

Samya Merzoug : Pour revenir sur Nantes, c’est une très belle ville, je l'aime. Elle m'a vu devenir la femme, la maman, la Dj, la praticienne et me permet de renaître en trouvant des idées en accord avec ce que je suis. Ma fille y grandit, j'y ai fait des rencontres magnifiques avec des personnes que je porte sincèrement dans mon cœur.

C'est un vrai laboratoire question gestion de projet avec ses loupés et ses réussites.

Tout cela servira le futur j'en suis certaine. Personnellement, ça me donne envie de continuer à entreprendre, faire du bien autour de moi en faisant sauter cet invisible totem de la culpabilité autour duquel les gens tournent.

Force à nos courageux Nantais dans tous les corps de métiers qui nous ont permis d'être bien durant ce confinement.

L'amour c'est la clé, c'est tout. Nantes est un bon terreau pour le faire grandir.

UrbainMood : Un mot pour la fin ?

Samya MERZOUG Kinésiologue : Pour une séance vous pouvez prendre votre rendez-vous en ligne 

DJ Sweet Mama : Les deuxièmes dimanches du mois au Brassés pour écouter une sélection de disques 100% vinyle

Retrouvez Samya sur la toile

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